< 1 min

Hymnes à la seule

De toi je n’ai su que l’écume et les vagues
Comment t’aurais-je connue
Tu étais la figure de proue

Je ne pouvais qu’imaginer tes seins durs
Ton ventre à la courbure des voiles
Quand ta chevelure aux courants se nouait

Comment t’aurais-je connue
Devant moi tu étais entre des ailes
A tes pieds l’une et l’autre nées
Les oiseaux du semeur au matin
Comme nul amant ne fit je te suivais
sans rien voir de tes regards
Sauf qu’ils se posaient au même horizon
Si nous eûmes un fils
Ce fut le lointain

Des moustaches d’embrun
Devant toi s’écartaient
Comme celles des chats dont on assure
Qu’elles leur permettent d’aller
Dans la nuit
Tu livrais combat à des houles adverses
Singulier défenseur que j’étais ! A l’arrière de toi
Quand j’aurais dû de mon corps te garder
Moi qui n’étais qu’un homme de poupe

Liberté

Ainsi t’appelait l’équipage
Je t’ai trop désirée pour savoir te nommer
Il fallait tenir la toile
Veiller aux récifs
Ta poitrine se soulevait aux montées des lames
Des tempêtes des bonaces je te savais sauve
Les flots devant toi se cassaient
Les hommes au cours des émeutes
Mouraient lèvres à tes lèvres
Tu fendais l’eau des vivants et des morts
Je n’ai su de toi que la révolte écroulée
Les barricades démontées

Tu m’as précédé toujours
Je n’ai pu que t’aimer
Savoir de toi ce que veut dire la vie
Combien pèse peu la mort au fléau des mâts
Inconnue mon inconnue ta figure est pourtant
Ma porteuse ce que je sais
Du savoir et des profondeurs

Hymnes à la seule (extraits),
Max-Pol Fouchet

Laisser un commentaire